VHRS : la lutte pour la victoire a tenu toutes ses promesses

Si la lutte pour la victoire en BRC – marquée par une belle série de rebondissements – a focalisé l’attention lors du Herock Spa Rally 2017, l’explication entre les cadors de la régularité a aussi tenu ses promesses. Yves Deflandre et Joseph Lambert en sont sortis victorieux mais ils n’ont pu se permettre le moindre relâchement face aux outsiders lancés à leur poursuite.

Suivant un programme identique à celui des concurrents BRC et BHRC, les participants en VHRS s’affrontaient vendredi sur une boucle de deux RT à parcourir deux fois. Premiers leaders, Christian Terf-Jean-Noël Van Houdenhove (VW Golf GTi) ont rapidement cédé le commandement aux lauréats 2016, Gaëtan Schoonbroodt-François Gehlen (Ford Escort RS Mk1). Mais à leur tour, ceux-ci ont baissé pavillon face à Yves Deflandre-Joseph Lambert (Porsche 911), pointés en tête au terme de la première étape.

Et samedi soir, c’est en vainqueurs que les deux occupants de la 911 orange ont franchi le podium installé place du Monument : « Spa reste une ville de rallye et s’y imposer constitue toujours une belle référence dans un palmarès », analyse le pilote. « Pourtant, la seconde journée a été assez stressante car il nous a fallu deux boucles pour comprendre pourquoi Schoonbroodt et Gehlen réduisaient autant l’écart. En fait, nous cherchions trop à prendre un peu d’avance sans savoir que les pénalités prévues dans ce cas étaient doublées. Nous avons modifié notre approche dans les ultimes difficultés, ce qui nous a permis de reprendre nos distances. Les tenants du titre ayant été éliminés en raison d’un bris de câble de gaz, nous avons pu disputer les tout derniers kilomètres sans trop de pression. »

Comptant parmi les pilotes les plus expérimentés, le récent vainqueur du Neige et Glace a apprécié le parcours du Herock Spa Rally : « Les RT étaient exigeants, mais on le savait, et c’est aussi pour cela qu’on fait du rallye ; en plus, la météo a encore compliqué les choses. Ayant la chance de disposer d’une auto bien adaptée aux conditions difficiles, j’ai pu y faire la différence. J’aurais juste aimé prendre le meilleur sur un peloton un peu plus étoffé. »

Derrière ces autoritaires vainqueurs, Etienne Baugnée-Benoît Rémion (qui avaient opté pour la Ford Escort RS Mk1 plutôt que pour la MG B) ont livré une superbe prestation et ils pensaient bien tenir le bon bout avant l’ultime RT, la Clémentine. C’était compter sans Eric Piraux-Catherine Monard qui présentaient pour la première fois en Belgique leur Renault 11 Turbo et s’emparaient in extremis de la médaille d’argent : « Je me suis souvenu de mon passé de motocrossman et malgré des phares peu efficaces, j’ai vraiment attaqué sur la terre », explique le vainqueur du dernier Tour de Belgique. « Je voulais conclure en beauté ce rallye auquel je participais avant tout pour mieux connaître la 11 Turbo ; d’ailleurs, je m’alignais sans assistance, je n’avais pas reconnu un seul RT et si j’avais voulu gagner, j’aurais choisi la 5 Alpine, bien mieux lotie question coefficient que sa cadette. Mais celle-ci a confirmé ses réelles qualités de vitesse, par exemple dans la montée de Xhierfomont que j’avais déjà empruntée à plusieurs reprises auparavant et où j’ai pu constater sa supériorité. Au final, le bilan est largement positif : avec Catherine, nous nous sommes bien amusés sur ce parcours difficile, sélectif et transformé parfois en… champ de bataille par les gars du BRC et du BHRC. »

Se maintenant en embuscade derrière le trio de tête, Alexandre Delhez-Eric Chapa (Ford Escort 2000 RS) ont décroché la 4ème place devant Gaëtan Monseur-David Hanquet (BMW 325i), Patrice Simon-Dominique Dufrasne (Porsche 924S) et Jacques Fievez-André Lys (Audi 80), lauréats en classe 2.

La plus petite classe a vu émerger la Citroën 2CV de Patrick Maréchal-Dominique Beaujean. Il fallait une bonne dose de motivation pour relever le challenge à bord d’une 650cc et le mérite de ces deux passionnés de la « Deuche » n’en est que plus grand : « Dès que j’ai visionné les images des RT, j’ai compris que nous allions galérer », raconte le pilote. « Malgré leur vaillance, les 35 cv de notre bicylindre risquaient de souffrir dans les montées… Il nous restait à rattraper le temps perdu dans les descentes ! Objectif atteint avec en prime un top 15 absolu et les lauriers de la petite classe, conquis sur un terrain boueux qui convenait à merveille à notre auto ; nous sommes peut-être les seuls… mais nous avons apprécié l’arrivée de la pluie. »